Un esprit humble et concentré sur mon rôle de bodhisattva
Pour moi, l’esprit nécessaire pour réaliser la pratique de bodhisattva, c’est d’avoir à l’esprit de me relier au monde de l’Éveil, de lire le Soûtra, de demander à être enseignée et guidée pour percevoir ce que j’ai à faire.
J’ai eu la chance de faire partie d’équipes de préparation d’événements de pratique. En entendant les animateurs de Famille et de Cercle parler de leur façon d’accompagner leurs compagnons, et en voyant la qualité de leur esprit, ma conscience s’est ouverte sur le fait que j’avais oublié cet esprit de progrès pour les autres. Forte de cette expérience, j’ai proposé à des compagnes de prendre un rôle au sein de notre Famille de pratique, ce qui leur a permis de faire des expériences de progrès sur ce chemin d’Éveil.
Nos amis de pratique, nos modèles pour nous transformer
En observant mes compagnons à différentes reprises, j’ai vu qu’en fin de compte ils agissaient beaucoup, mais sans vraiment avoir envie d’apprendre. J’ai alors interrogé le monde de l’Éveil pour découvrir en quoi j’étais concernée.
Quelque temps après, un aîné de pratique m’a demandé : « Est-ce que tous tes compagnons se relient à toi ? » Je lui ai répondu que non, certains ne se reliaient plus. J’ai entendu qu’il serait peut-être bien de les appeler pour prendre de leurs nouvelles, ce qui ne m’intéressait pas vraiment. À ce moment-là, je me suis vue comme mes amis de pratique : pas vraiment motivée par l’envie de progresser. J’ai alors simplement pris des nouvelles de ces trois compagnons. La semaine suivante ils se sont tous reliés à moi. J’ai réalisé que c’était une bonne clé d’aller chez mes aînés pour élargir ma recherche.
À présent, je prépare toujours mon esprit avant de me rendre dans les lieux de pratique ou chez mes aînés, en me disant : « Qu’est-ce que je vais apprendre pour avancer ? » Cette transformation est importante, car il y a des choses à faire, il y a des choses à voir, il y a des choses à lâcher. J’ai vraiment le souhait d’aller tout droit.
Des rôles qui nous obligent à nous dépasser
Lors d’une réunion trimestrielle, une personne a dit à l’une de mes compagnes de pratique que ce serait bien qu’elle fasse partie de la préparation d’un événement. Elle a répondu oui, spontanément. Mais le lendemain elle m’a appelée pour me dire qu’elle n’aurait pas dû accepter car elle n’avait pas le niveau, les autres membres du noyau de préparation étant certainement plus éveillés qu’elle ! Je lui ai répondu : « Non, ils pratiquent et leur esprit s’éveille. Et toi, tu as les mêmes capacités, le même potentiel d’Éveil. Ça fait partie des enseignements du bouddhisme de l’Amitié Spirituelle. »
Je m’efforce de garder toujours cet esprit de recherche pour me transformer avec l’Enseignement : « Comment mes compagnons vont-ils se libérer de leurs conditionnements, se construire ? » En fait, je demande tout le temps au monde de l’Éveil comment les ancêtres de mes compagnons et mes compagnons eux-mêmes peuvent aspirer à l’Éveil et se relier au monde de l’Enseignement. Et en fin de compte cela produit des effets sur mes amis de pratique ; ils prennent eux-mêmes des rôles, s’investissent et ces actions les apaisent. Ils ne sont plus gênés par leurs conditionnements.
Je recherche de la même manière pour moi-même. Dans ma famille, par exemple, on ne s’occupe pas de soi, on prend des coups, on considère que ce n’est pas grave et on continue à foncer quand même. Je concentre donc mon esprit sur ce que j’ai à faire dans ma vie. Cela m’apaise et me permet de prendre soin de moi, de ma santé en particulier. Les répercutions sur celle-ci sont visibles.
La chose la plus essentielle dans ma pratique, c’est que grâce aux liens avec mes amis spirituels, je vois ce que j’ai à faire. Donc je ne me torture plus l’esprit pour savoir ce que je dois corriger et résoudre. Une fois que j’ai vu, je pose les actions appropriées et je vais ensuite chez mes aînés pour partager mes prises de conscience et exprimer ce que je transmets à mes compagnons. C’est ainsi que j’apprends.
Garder l’esprit d’apprendre
Suite à la cérémonie des vœux, lors d’une réunion, en entendant ce qui se transmettait j’ai eu le courage de couper court aux échanges. Je me suis aperçue que les esprits n’étaient pas concentrés sur l’Enseignement. Les pratiquants étaient centrés sur leur bien-être, mais pas sur ce que propose le bouddhisme de l’Amitié Spirituelle. Cela m’a encouragée à con-tinuer cette forme de pratique-là. Je souhaite garder cet esprit de me transformer grâce à ce que je vois dans les relations avec mes compagnons, et de me laisser guider par le monde de l’Éveil.
Pourtant, récemment j’ai répondu à un de mes aînés de pratique qui me disait quelque chose de difficile à entendre : « De toute façon ça ne marche pas ! » Comme vous le voyez, mon esprit d’opposition revient sans cesse à la charge, tout le temps. J’ai quand même en-tendu de sa part : « Tu ne sais pas. » Et j’ai pu lui répondre : « Tu as raison, je ne sais pas. »
Patricia

