Ma transformation,
le sujet numéro un de mon existence
Je m'appelle Claire, je vis aux alentours de Bordeaux.
Voici mon parcours au sein du bouddhisme de l’Amitié Spirituelle en particulier durant l'année 2025.
En 2023, mon aîné de pratique a exprimé avec beaucoup de sincérité sa détermination à accueillir une famille de pratique. La profondeur de ce souhait m’a touchée et c’est également devenu mon sujet de pratique. A mon tour, je me suis engagée sincèrement à créer une famille de pratique et j’ai reçu rapidement plusieurs amis spirituels.
Jusqu'alors, prisonnière de mes conditionnements, de mon besoin de reconnaissance, de mon souci d’être conforme aux attentes, je pratiquais pour faire plaisir à mes aînés, soucieuse de bien faire. Un témoignage, lors d’une session d’approfondissement, m’a interpelée. Une pratiquante exprimait qu'elle avait présenté le Bouddhisme de l’Amitié Spirituelle dans le cadre d'un café associatif. J'ai vu qu’elle ne dissociait pas du tout sa pratique de son quotidien et ça m’a en quelque sorte réveillée. J’ai eu envie que ma transformation devienne le sujet numéro un de mon existence. « Je suis jeune, ai-je pensé, en bonne santé, il est temps que je m’approprie ce trésor qu’est l’Enseignement et que je progresse comme c’est mon désir profond. »
Ma détermination est devenue autonome, mon souhait de transmettre l’Enseignement plus clair. Quand j'étais en lien avec les gens, j'ai eu l’occasion de proposer très largement, très naturellement, avec beaucoup de sincérité. Tous les matins, devant l’autel ancestral, je renouvelais ce vœu. Donc la famille de pratique, une assemblée de dix amis spirituels, s'est créée. Prisonnière de mes conditionnements, je n’ai pas ménagé mes efforts, mes déplacements chez mes compagnons, les réunions chez mes aînés et je suis arrivée à un état d’épuisement. J’étais devenue quelqu'un qui sauve le monde, porte les gens, s'occupe des dossiers ancestraux des compagnons mais j'avais perdu ma connexion avec le monde de l'Éveil.
Entendre des clés précieuses
Cet état m’a invitée à me tourner vers mes aînés, à leur poser des questions. Quelle remise en cause devais-je réaliser ? J'ai entendu plusieurs clés précieuses.
La première, c'est que ce qui importait n’était pas la somme d’actions accomplies mais la qualité de la remise en cause de mon esprit et de ma relation avec le monde de l'Éveil. Inutile donc d’incriminer les aînés, d’attendre qu’ils soient parfaits alors qu’ils sont, comme moi, des êtres humains. J’ai cessé de regarder leurs limites ordinaires et j’ai été attentive à la qualité de mon esprit, notamment lors de nos échanges. J’ai accepté d’entendre avec humilité les pistes qu’ils me proposaient, de réentendre les bases de l’Enseignement. Face à mes insatisfactions, quand il y en avait, j’ai tourné mon esprit sur ce que j’avais à transformer. « Tu n'es pas satisfaite ? Mais qu'est-ce que toi, tu fais ? »
Accepter mon ignorance et éduquer mon esprit
J'ai aussi entendu que les êtres humains sont très ignorants et que l’obstacle majeur, c'est qu’ils croient savoir. Les certitudes, le fait de croire qu’on a raison, ça empêche toute progression. J’ai donc accepté le principe de ma propre ignorance. « Je crois que je sais, mais sans doute que je ne sais pas tout, qu’il y a des zones d'ombre encore. Il y a toujours des marges de progression. » J’ai demandé avec humilité au Monde de l’Eveil de me guider, de m’éclairer, comme m’y avait encouragée Gilles Soulard, l’un de mes aînés. Adopter cet esprit, ça m'a beaucoup allégée. Ça m'a redonné envie de partir à l'aventure dans mes journées et de découvrir avec curiosité quels travaux pratiques le Monde de l’Eveil me proposerait. Mes journées sont devenues un terrain de jeu, un terrain où éduquer mon esprit. J’ai accueilli tout ce qui se présentait comme une occasion de mettre en pratique de l’Enseignement. En résumé, je me suis recentrée sur ma transformation. Peu à peu, ma conscience s’est élevée et j’ai commencé à voir ce que j'avais fait vivre à mes aînés, parce que je vivais des situations similaires avec mes amis spirituels.
Vivre une sensation extraordinaire
Un autre moment important a été l'initiation à la pratique des noms de Dharma. Durant ce moment très particulier, il m'a été donné de percevoir un état de pleine conscience, peut-être de voir le monde comme le voient les Bouddhas. Pendant qu'on psalmodiait Namu Myo Ho Renge Kyo, j'ai perçu la présence immuable de la terre des Bouddhas. J'ai senti un état de neutralité, j’ai eu la sensation que tout est parfait, tout est juste. Dans ce même espace-temps, il y avait mon état incarné : j'avais la bouche sèche, je toussais et, en fait, les deux cohabitaient. Entre ces deux mondes, la terre du Bouddha et le monde incarné, mon rôle à moi, c'était, pendant l'espace-temps de mon existence sur terre, de poursuivre ce chemin, c'est-à-dire de diffuser l’Enseignement, de permettre aux gens de voir qu'il est possible de se libérer, comme j’en fais moi-même l’expérience depuis toutes ces années de pratique. J’ai été envahie par une immense gratitude à l’égard de tous les êtres grâce à qui j’ai rencontré ce chemin, à la patience, à la persévérance dont avaient fait preuve mes ainés. J’ai vu aussi les grandes qualités de mes amis de pratique. Je n’avais pas à me préoccuper d’eux mais à développer de la docilité face à l’Enseignement, à devenir « guidable ». Aujourd’hui la famille de pratique est devenue un Cercle.
Enfin, j’ai soûtra une autre clé que je partage avec vous et que je m'engage à garder précieusement. C'est de garder en conscience que nos amis spirituels ont un lien avec le soûtra et, eux aussi, un grand rôle spirituel. C’est de chercher à accompagner chacun, différent, unique, et de permettre à tous de réaliser cette conscience de libération à laquelle je goûte aujourd’hui. Ça c’est ma plus grande joie !
Et ça, c'est un terrain de pratique merveilleux.
Claire

