Adopter le point de vue de l’Enseignement

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 Claudine Carayol encourage souvent les membres du Reiyukai à adopter le point de vue de l’Enseignement et du monde de l’éveil pour appréhender la réalité. Quel sens cela a-t-il concrètement ? Elle précise dans cet article la signification d’une telle attitude.

Le bouddhisme Reiyukai propose de résoudre les causes profondes de nos souffrances et de transformer notre réalité et notre environnement en un monde de paix et d’harmonie. C’est en nous nourrissant sans cesse de l’Enseignement que nous pourrons réaliser ce projet extraordinaire. Nous apprendrons ainsi à lire le réel à partir d’une autre vision, celle d’un éveillé qui, seul, voit la réalité telle qu’elle est, et nous nous libérerons de nos conceptions erronées sur la réalité.

Les bases de l’enseignement du Bouddha – sur lesquelles s’appuie la pratique du Reiyukai – se résument d’une part aux principes essentiels qui régissent le monde conditionné, notre monde, comme la relation karmique, l’interrelation, l’interdépendance et la causalité, et d’autre part à ceux du potentiel d’éveil de tous les êtres et de la nature non-conditionnée de l’esprit d’éveil.

Concrètement, que cela signifie-t-il ?

De manière simple, que nous appartenons au monde conditionné, que notre esprit découpe, classe, juge, trie, est d’accord -ou pas- etc., et tout cela en fonction de critères définis par une vision du monde qui n’est pas celle d’un éveillé. Quelles que soient la qualité et la performance de notre vision, elle est le fruit d’une conscience humaine limitée, résultat de la grande histoire commune de l’humanité et de toutes les histoires individuelles, familiales, ancestrales propres à chacun. Si on accepte cette description des limites et des obstacles de notre vision, on comprend qu’il n’y a que des vérités relatives et que chacun de nous a une perception du monde différente. A terme, en fonction de certaines conditions et dans certaines circonstances, elle engendre des conflits entre les personnes et des guerres entre les peuples.

Mais nous appartenons aussi au monde de l’éveil.

La position de base du bouddhisme sur la conscience humaine est que les êtres humains sont ignorants et que l’ignorance est la cause de toutes les souffrances et de tous les conflits. Encore faut-il entendre l’idée d’ignorance du point de vue de l’Enseignement : nous sommes ignorants, d’une part, des causes profondes de tous les événements qui surviennent dans notre vie – et beaucoup plus largement de tout ce qui apparaît dans le monde – et, d’autre part, de la nature de l’esprit d’éveil, de notre nature de Bouddha.

Avec l’objectif d’une transformation essentielle, vers une humanité éveillée, au-delà de notre humanité « relative », acceptons la méthode et les pratiques que nous invitent à réaliser le Bouddha dans le Soutra du Lotus et, beaucoup plus récemment, les Fondateurs du Reiyukai. Simples à réaliser, elles recèlent un sens et un pouvoir extraordinaires qui se manifestent dans la réalité à travers des expériences étonnantes.

Quand nous nous relions pour la première fois à cet Enseignement et y relions nos ancêtres, nous voyons en effet se mettre en place un autre « ordre » de la réalité qui balaie nos conceptions ordinaires sur la réalité. Cette expérience concrète où se révèlent la puissance et la générosité du monde spirituel, stimule notre curiosité et ouvre notre cœur et notre esprit à l’écoute de l’Enseignement. Cette attitude de confiance envers les aînés et de recherche de l’Enseignement engendre un processus de conscience, d’action et de transformation au sein des liens avec les autres, terrain de la pratique. Nous prenons conscience de nos limites, de nos conceptions erronées sur le monde et les autres, et de la négativité qu’elles engendrent, par exemple. Notre être se purifie, notre vision du monde se transforme.

Se développe en même temps, très concrètement, un lien solide et vivant avec l’Enseignement et le monde des éveillés et des grands bodhisattvas. En prenant appui petit à petit sur les enseignements fondamentaux, nous nous ancrons dans l’esprit d’éveil, solidement relié au monde spirituel des éveillés, quelles que soient les difficultés et les obstacles auxquels nous sommes confrontés au cours du processus de transformation.

Même si nous sommes encore très imparfaits, nous devenons capables, naturellement, de lire d’une manière totalement différente les événements et les circonstances qui se présentent, en adoptant le point de vue du monde spirituel, celui des éveillés et de l’Enseignement. Cette attitude permet la résolution de nos tendances karmiques et la transformation, en profondeur, de la réalité.

Claudine Carayol